vendredi 31 janvier 2014

" N'oublie aucun de ses bienfaits "

« N’oublie aucun de ses bienfaits »

Le psaume 102, dans la Bible, dit ceci :

« Bénis le Seigneur ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits. » (Ps 102, 2)

L’amour implique un certain devoir de mémoire. Je comprends très bien les épouses qui sont tristes lorsque leurs maris oublient leur anniversaire de naissance, ou leur anniversaire de mariage. Idéalement, nous devrions nous souvenir de tous les bienfaits que Dieu nous fait. Mais sur cette terre, c’est tout simplement impossible. Ma consolation est de savoir qu’un jour, de l’autre côté de ce monde, dans « l’autre monde »,  nous saurons nous rappeler de tous les bienfaits dont le Seigneur nous a gratifiés. Quelle consolation ! Quelle joie !

Vous connaissez sûrement sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Comme je l’ai dit à quelques reprises sur ce blogue, la petite Thèrèse est ma sainte préférée. La vie de Thérèse nous montre que la sainteté est à la portée de tout le monde et que la sainteté ne fait pas de bruit. Thérèse est le modèle de la sainteté sans éclats apparents. On peut aimer les saints qui ont vécu des choses extraordinaires, des saints dont la vie a été remplie de faits extraordinaires. Ces saints m’attirent aussi. Mais on peut aussi aimer la sainteté toute simple, la sainteté qui se déploie dans les gestes les plus quotidiens et banals. La plupart des Sœurs Carmélites qui ont côtoyé Thérèse durant des années, n’ont vu en elle qu’une religieuse ordinaire. Et pourtant, elles avaient devant les yeux une des plus grandes saintes des temps modernes. Heureusement que Sœur Agnès, la supérieure du couvent et la sœur de sang de Thérèse, a su voir plus loin que les apparences. En tant que supérieure, elle a demandé un jour à Thérèse, d’écrire l’histoire de son âme. Ce récit deviendra les « manuscrits autobiographiques » de Thérèse. Dès les premiers mots de ces manuscrits, Thèrèse nous dit pourquoi elle a accepté d’écrire ses mémoires : elle voit dans cette tâche, le moyen de faire mémoire des merveilles, des faveurs et des dons dont le Seigneur l’a gratifiée, au cours des ans. Voici les premiers mots du « Manuscrit A », écrit en janvier 1895 :

« C’est à vous, ma Mère chérie, à vous qui êtes deux fois ma Mère, que je viens confier l’histoire de mon âme... Le jour où vous m’avez demandé de le faire, il me semblait que cela dissiperait mon coeur en l’occupant de lui-même, mais depuis Jésus m’a fait sentir qu’en obéissant simplement je lui serais agréable ; d’ailleurs je ne vais faire qu’une seule chose : Commencer à chanter ce que je dois redire éternellement : " Les Miséricordes du Seigneur... " (NHA 101) (Ps 89,2) »

Les derniers mots de cette citation, me touchent profondément. Thérèse cite le deuxième verset du psaume 89 : « Je veux chanter éternellement les miséricordes du Seigneur. » (Ps 89, 2)

J’ai été ordonné prêtre le 12 juin 1983, en la basilique Saint-Pierre de Rome, par le pape Jean-Paul II. Vous comprendrez aisément qu’il s’agit là d’un des plus grands cadeaux que le Seigneur m’ait fait. Pour la circonstance, un petit livret de participation a été fait et distribué à la foule. J’ai encore, chez moi, ce livret de participation. De fait, il est ouvert devant moi, en ce moment, alors que je vous écris ces lignes. Il est ouvert à la page 26, où je peux trouver le psaume qui a été magnifiquement chanté, le jour de mon ordination presbytérale. Le psaume qui a été chanté ce jour-là, est précisément le psaume 89; et le refrain que le chanteur-psalmiste reprenait après chaque strophe était le suivant : « In aeternum cantabo », ce qui veut dire : « Je chanterai éternellement ». Les premiers mots du psaume qui a été chanté ce jour-là, sont les suivants : « Misericordias Domini, in aeternum cantabo. » (« Je chanterai éternellement les Miséricordes du Seigneur »).

Et j’arrive maintenant à la raison principale du présent écrit. Je vous écris toutes ces lignes parce qu’aujourd’hui, je célèbre le vingtième anniversaire de la découverte de mon « désir le plus profond ». J’ai découvert mon « désir le plus profond » le 31 janvier 1994, en la ville de Québec, durant la journée consacrée en Église, à saint Jean Bosco. Mon désir le plus profond a pour nom « la joie », d’où le titre que j’ai donné à mon blogue. Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite à lire le premier long texte que j’ai mis sur mon blogue. Pour cela, vous n’avez qu’à cliquer sur les mots suivants : Dieu ma joie: Le désir le plus profond

Remercions ensemble le Seigneur, pour toutes ses bontés. 

Fraternellement, 

Guy, omv


jeudi 30 janvier 2014

Faites attention à ce que vous écoutez

« Faites attention à ce que vous écoutez »

Dans l’évangile d’aujourd’hui, en ce jeudi de la troisième semaine du temps ordinaire, années paires, Jésus nous dit : « Faites attention à ce que vous écoutez » (Mc 4, 24)

Cet ordre de Jésus m’a fait penser à une leçon de vie que l’on attribue à Socrate. J’ai fait une recherche pour savoir dans quel dialogue de Platon, Socrate aurait pu parler du « test des trois passoires », mais je n’ai pas pu trouver la référence. Je doute donc que cette belle petite histoire vienne de Socrate. Mais je suis sûr que Socrate le sage, aurait aimé être l’auteur de cette leçon de vie.

Le test des trois passoires  

Socrate avait une haute opinion de la sagesse.
Quelqu'un vient un jour trouver le grand philosophe et lui dit :

Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton ami?

- Un instant, répondit Socrate. Avant que tu me racontes,
j'aimerais te faire passer un test, celui des 3 passoires :

- Les 3 passoires?

Mais oui, reprit Socrate. Avant de me raconter toutes sortes
de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps
de filtrer ce que l'on aimerait dire.

C'est ce que j'appelle le test des 3 passoires. 

La première passoire est celle de la vérité.

As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai?

- Non. J'en ai simplement entendu parler...

- Très bien. Tu ne sais donc pas si c'est la vérité.

Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième passoire. 
Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami,
est-ce quelque chose de bon ?

- Ah non ! Au contraire.


La deuxième passoire est celle de la bonté.


- Donc, continua Socrate, tu veux me raconter
de mauvaises choses sur lui et tu n'es même pas
certain si elles sont vraies.
Tu peux peut-être encore passer le test,
car il reste une passoire. 

La troisième passoire est celle de l'utilité.

Est-il utile que tu m'apprennes ce que mon ami aurait fait ?

- Non. Pas vraiment.

Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai,
ni bien, ni utile...
Pourquoi vouloir me le dire l



Un peu dans la même ligne, voici l’histoire du « garçon au mauvais caractère » :   

Le garçon au mauvais caractère

Il était une fois un garçon avec un sale caractère.
Son père lui donna un sachet de clous et lui dit d'en
planter un dans la barrière du jardin chaque fois qu'il perdrait
patience et se disputerait avec quelqu'un.
Le premier jour, il en planta 37 dans la barrière.
Les semaines suivantes,
il apprit à se contrôler et le nombre de clous
plantés dans la barrière diminua jour après jour.
Il avait découvert qu'il était plus facile de se contrôler
que de planter des clous...
Finalement arriva le jour où le garçon ne planta pas
le moindre clou dans la barrière.
Alors il alla voir son père et lui dit que pour ce jour,
il n'avait pas planté de clou.
Son père lui dit alors d'enlever un clou dans la barrière pour chaque jour
où il n'aurait pas perdu patience.
Les jours passèrent et finalement, le garçon put dire
à son père qu'il avait enlevé tous les clous de la barrière.
Le père conduisit son fils devant la barrière et lui
dit:

"Mon fils, tu t'es bien comporté, mais regarde tous
les trous qu'il y a dans la barrière.
Elle ne sera plus jamais comme avant.
Quand tu te disputes avec quelqu'un et
que tu lui dis quelque chose de méchant, tu lui
laisses une blessure comme celle-là.
Tu peux planter un couteau dans un homme et après lui retirer
mais il restera toujours une blessure..."
Peu importe combien de fois tu t'excuseras, la blessure restera.
Une blessure verbale fait aussi mal qu'une blessure physique.

En terminant, un peu d'humour: 

Résumé de la Commission Charbonneau qui se tient au Québec depuis des mois: 

"Je n'ai rien entendu"

" Je n'ai rien vu "

" Je n'ai rien dit "




lundi 27 janvier 2014

Possibilité

Possibilité

Cher lecteur et lectrice,

Je me rends compte que mon blogue est de plus en plus lu sur internet. Je m'en réjouis et j'en remercie le Seigneur. 

À ma grande surprise, après quelques mois d’existence, j’ai reçu une offre d’une maison d’édition située en Allemagne, et dont le nom est: Éditions Croix du Salut. Cette maison d’édition m’a offert de publier gratuitement mon blogue. Depuis ce temps, deux livres ont été publiés, qui comprennent la grande majorité des textes que j’ai mis sur mon blogue durant les deux premières années de son existence : de juin 2011 à juin 2013. Je considère, pour ma part, comme étant « miraculeux » le fait qu’une maison d’édition située à l’étranger, me fasse une offre pareille. Il y a des auteurs qui, toute leur vie, désirent être publiés et ne réussissent pas à atteindre leur but. Pour ma part, je n’ai jamais songé une minute à publier un jour un livre, et voilà que l’offre se présente à moi, comme un grand cadeau du ciel.

Vous trouverez ci-dessous des photos représentant mes livres. En Allemagne, c’est la maison d’édition Morebooks qui est le diffuseur offficiel de mes livres. Cependant, il peut être avantageux de les commander en ligne via Amazon, car souvent cette dernière compagnie offre une livraison gratuite à domicile. Ce qui est très avantageux, selon moi.

Je pourrais publier un troisième livre (car j’ai mis plusieurs textes sur mon blogue depuis la parution de mon deuxième livre), mais j’hésite à le faire. Je veux d’abord m’assurer que plusieurs personnes optent pour l’achat de mes livres. Personnellement, je crois que le fait d’avoir les textes sous les yeux dans un livre, offre un très grand avantage. En plus d’être plus faciles à lire, les textes mis en livre, sont plus propices à susciter la réflexion et la méditation. De plus, on peut souligner les passages qui nous touchent le plus et y revenir. Je connais une paroissienne qui possède mes deux livres et qui les fréquentent souvent. J’avoue que moi-même, je tire un grand bien à relire les textes que j’ai mis sur mon blogue. Car ces textes ne proviennent pas seulement de moi, comme vous le savez. Je mets en ligne, les textes d’auteurs qui me touchent le plus, qui me font le plus de bien. Mes livres, en ce sens, sont un peu comme une bibliothèque.

Je vous encourage à vous procurer mes livres et même à les donner en cadeau aux personnes que vous aimez. J’ai tout fait pour que chaque livre coûte moins de 20 euros, de sorte qu’ils soient accessibles au plus grand nombre de personnes possible. Les caractères d’écriture sont assez petits, mais ils me conviennent parfaitement. Certaines personnes se plaignent de cela, mais, pour ma part, je trouve cela très bien ainsi, car j’ai pu intégrer grâce à cela, plus de textes dans chaque livre.

Je vous encourage à vous procurer ces livres. Je suis sûr que vous ne le regretterez pas. Malheureusement, au Canada, chez Amazon.ca, mon deuxième livre n'est pas disponible. Je ne comprends rien à cela. J'ai fait des démarches pour comprendre la raison de ce fait, mais sans succès.   

                       
En allant sur Morebooks our sur Amazon, vous devriez trouver assez facilement mes livres. L'avantage de faire venir mon livre via Amazon, est, selon moi, le fait de ne pas payer (du moins c'était le cas dernièrement), de frais d'expédition, et de recevoir le livre à domicile, sans dépenser de frais supplémentaires. 

Fraternellement, 

Guy, omv



mercredi 22 janvier 2014

" Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur "

« Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur ! »

Ces derniers temps, j’ai parlé de différentes façons de la bonté de Dieu. J’ai d’abord mentionné à quel point le fondateur de ma Congrégation religieuse, le Père Bruno Lantéri, était imprégné de cette bonté de Dieu. Notre fondateur était italien, mais il connaissait très bien le français. Plusieurs de ses lettres ou écrits, étaient en français. J'imagine qu'il aimait mettre l'adjectif " bon " devant le mot " Dieu ", lorsqu'il écrivait dans la langue de Molière, car cela ne se fait pas vraiment dans la langue italienne. Le premier octobre 1803, il écrit une lettre à son bon ami Leopoldo Ricasoli, dans laquelle il fait part d'une décision déchirante qu'il a dû prendre. Il devait faire un choix entre demeurer à Florence pour voir à des choses importantes concernant l'Amicizia cristiana (une organisation de chrétiens fervents), ou bien retourner à Turin, où il avait pris des engagements pour cette période. Lantéri écrit ceci à Ricasoli, en français: 

" Je vous assure, Monsieur, et très honorable ami en J.C. que j'ai passé des jours bien inquiet sur la volonté adorable de Dieu à cet égard; je manque, entre autres choses bien intéressantes à Turin, à une retraite de jeunes ecclésiastiques, qui m'était bien à coeur, et que je devais leur donner dans ce mois, et qui n'aura plus lieu certainement pour cette année; patience, j'espère que vous voudrez bien m'aider par vos ferventes prières à m'obtenir du bon Dieu d'en être dédommagé en quelque façon." (Carteggio, volume II, p. 147)

Dans mon dernier blogue, j’ai mentionné à quel point je trouvais beau le fait que le peintre Rembrandt ait dépeint comme étant aveugle le Père, dans son fameux tableau intitulé : Le retour du fils prodigue (en passant, un des textes les plus beaux que j’aie mis sur mon blogue, à mon humble avis, est le texte suivant :  Dieu ma joie: Nouwen, Rembrandt et " Le Retour de l'enfant prodigue "; vous n'avez qu'à cliquer sur les mots précédents, écrits en bleu, pour avoir accès directement au texte).

Un de mes meilleurs amis, qui habite la ville de Québec et qui se nomme Michel Fontaine (et dont j’ai parlé plus d’une fois dans mon blogue), m’a écrit ceci, il y a deux jours, via internet :

Merci Guy pour ce texte.

Un Dieu aveugle, un Dieu qui ne voit pas nos péchés comme image de la miséricorde de Dieu...?

Il y a  cette image aussi dans le livre d’Éric Emmanuel Schmitt (1)Lorsque j'étais une œuvre d'art” : un jeune homme se livre aux expérimentations d'un savant fou et son apparence devient monstrueuse. Il rencontre un homme sage, bon, aveugle, qui ne voit pas la monstruosité du jeune homme mais qui aperçoit le fond de son cœur qui est bon. De même Dieu voit au-delà du péché, comme s'il ne le voyait pas, parce qu'il sonde les reins et pénètre les pensées du cœur. "Le cœur de l'homme est compliqué et malade qui peut le connaître? Moi, le Seigneur qui sonde les reins et les pensées du cœur pour juger chacun selon ses actes, selon les fruits qu'il porte.” (Jérémie, ).

Il y a aussi l'excellent film “L'homme éléphant” avec la chanteuse Cher. Un jeune homme défiguré et très laid à cause d'une maladie congénitale, mais d'une grande bonté et intelligence, rencontre une jeune aveugle très belle qui perçoit sa richesse intérieure avec les yeux du cœur et tombe amoureuse de lui. C'est un peu comme l'histoire “La belle et la bête”. C'est réconfortant de penser que Dieu ne se laisse pas repousser par notre laideur. Le danger c'est que nous nous repoussions nous-mêmes lorsque nous le rencontrerons. Car alors nous verrons sa bonté et son humilité et nous verrons jusqu'à quel point nous sommes orgueil et ténèbres.

J'ai lu dernièrement un livre de Frossard qui souligne ce danger. Car il a rencontré Dieu. Il parle d'expérience.

« Ce que je ne vois pas le moyen d’appeler autrement que ma consternation radieuse à me voir si laid m’aura puissamment aidé à comprendre pourquoi Dieu ne se manifestait pas plus souvent dès cette vie. Tout serait tellement plus simple, dit-on, si nos yeux le voyaient sitôt ouverts…
(...) Seule la comparaison avec Dieu peut nous permettre de prendre conscience du bouillon de ténèbres dans lequel nous trempons avec naturel et quelquefois même avec élégance. Mais l’effet risque d’être radical. Ce n’est pas la toute-puissance de Dieu qui nous menace... Ce qui est à redouter, c’est sa douceur. Ce que sa charité dérobe à notre vue, c’est la fulguration nucléaire de l’infini qui se contracte dans une inconcevable humilité. C’est l’éternelle et limpide innocence de Dieu qui brise les cœurs. Il ne peut paraître sans que nous portions aussitôt sur nous-mêmes un jugement et une condamnation sans appel, ni rémission. Et c’est ce qu’il ne veut pas. » [André Frossard, Il y a un autre monde, Fayard, 1976, pp. 75-76]

Michel

Ce que mon bon ami Michel, met ici en évidence, c’est l’extrême bonté de Dieu. Un Dieu qui ne se révèle pas tel qu’Il est pendant notre court séjour sur cette terre, pour ne pas que son incommensurable bonté nous écrase et nous effraie. Le contraste entre la beauté et la bonté de Dieu et notre laideur et méchanceté, nous serait insupportable, et nous ne pourrions pas vivre en paix. Et « c’est ce que Dieu ne veut pas ». Une telle vision de Dieu, aux yeux de certains, pourrait sembler un danger; certaines personnes pourraient croire ou imaginer que le fait de présenter un Dieu aussi bon et miséricordieux, conduise au laxisme ou à un agir immoral. Si Dieu est si bon, profitons-en pour faire le mal. Mais c’est plutôt le contraire que nous expérimentons instinctivement : devant tant de bonté de la part de Dieu, nous ne pouvons qu’être attirés vers Lui. Nous ne pouvons qu’aimer davantage ce Dieu et vouloir lui plaire; vouloir l’aimer davantage à notre tour, et en retour.

Je ne sais pas s’il vous arrive d’entendre des témoignages d’EMI (d’expérience de mort imminente ou NDE « Near Death Experience). J’ai écouté et regardé hier, une vidéo à ce sujet, sur internet. Ce qui frappe, dans de telles expériences, c’est l’infinie bonté de Dieu et la transformation des personnes qui vivent de telles expériences. Les gens qui vivent cela, ne sont plus capables de vivre leur vie comme auparavant. Ces personnes sont littéralement transformées par l’Amour, attirées par l’Amour et ne veulent plus vivre que de l’Amour.


(1) Éric Emmanuel Schmitt est l’auteur francophone le plus lu sur la planète. J’ai à quelques reprises parlé de cet auteur, sur mon blogue. NDLR (note de la rédaction).

lundi 20 janvier 2014

Liturgie dramatisée sur la Réconciliation

Liturgie dramatisée sur la Réconciliation

Nous sommes en plein cœur de la grande semaine annuelle de prière pour l’unité des chrétiens. Voilà l’intention la plus chère au cœur eucharistique de Jésus : l’unité de tous ceux et celles qui croient en Lui. Le soir où Jésus a institué l’eucharistie, Il a aussi prononcé ce que nous appelons désormais la « prière sacerdotale ». Cette façon de qualifier cette prière de Jésus, est très intéressante, car le soir même où Jésus pria ainsi, Il institua aussi le sacerdoce. Nous sommes encouragés à utiliser durant la présente semaine, à l’eucharistie, les prières eucharistiques de la Réconciliation.

J’ai appris une très bonne nouvelle la semaine dernière. Une de mes paroissiennes m’a appris que nous pouvons visionner sur internet, la magnifique pièce de théâtre écrite et mise en scène par l’abbé Robert Gendreau, prêtre de Montréal, et responsable en ce moment de l’office de la pastorale liturgique du diocèse de Montréal.

L’abbé Robert Gendreau, avant de devenir prêtre, était acteur. Il a très bien connu  le milieu artistique et il met son talent et son sens artistiques au service de l’Évangile. C’est lui qui a monté le magnifique Chemin de croix qui a été vécu dans les rues de Toronto lors des Journées mondiales de la jeunesse de 2002. En 2008, lors du Congrès Eucharistique International qui a eu lieu dans la ville de Québec, on a confié à l’abbé Robert Gendreau, la tâche de préparer la soirée de la réconciliation durant laquelle les fidèles seraient invités à recevoir le pardon sacramentel de notre Dieu si aimant. Il aurait été impensable de vivre un Congrès eucharistique international, sans préparer le cœur des fidèles par l’offre et la réception du sacrement de la réconciliation.

L’abbé Gendreau a alors décidé d’écrire une pièce de théâtre sur le thème de la réconciliation. Cette pièce de théâtre est assez longue, mais je ne vais retenir pour le moment, que la dernière partie de la pièce, qui a pour base la plus belle des pages des évangiles : la parabole du Père Miséricordieux, autrefois appelée la parabole de l’enfant prodigue. Il est évident, dans mon esprit, que l’abbé Gendreau s’est aussi inspiré, pour écrire sa pièce, du célèbre tableau de Rembrandt intitulé : Le retour du Fils prodigue. Dans la pièce de l'abbé Gendreau, tout comme dans le tableau de Rembrandt, le père est vêtu de vêtements majestueux de couleurs rouge et or, couleurs royales et chaudes. De plus, le père de la pièce et du tableau, est aveugle. Quelle belle inspiration que d'avoir peint et dépeint en aveugle notre Père du ciel ! Dieu notre Père, ne se plaît-il pas de fermer les yeux sur nos péchés? Dans le bréviaire (appelé aussi "Prière du temps présent"), aux vêpres du lundi de la troisième semaine, l'oraison finale nous fait prier ainsi: " Dieu de lumière, à l'heure où le soir tombe, nous te prions d' illuminer nos ténèbres et de fermer les yeux sur nos péchés ".

Si vous visionnez la vidéo ci-dessous, qui nous présente la dernière partie de la pièce de l'abbé Gendreau, vous verrez que la vidéo commence par une prière faite par le Père. Cette prière est en partie tirée des Préfaces des messes pour la Réconciliation, dont voici des extraits : 

« Bien loin de te résigner à nos ruptures d’alliance, tu as noué entre l’humanité et toi, par ton Fils, Jésus, notre Seigneur, un lien nouveau, si fort que rien ne pourra le défaire. » (Préface de la Réconciliation I)  

« Au sein de notre humanité encore désunie et déchirée, nous savons et nous proclamons que tu ne cesses d’agir et que tu es à l’origine de tout effort vers la paix. » (Préface de la Réconciliation II)

L'abbé Gendreau a pris des libertés par rapport à la parabole de Jésus. La plus grande liberté, ou la plus grande audace, est selon moi, d'avoir attribué au fils aîné de la parabole, une "double vie". Personnellement, je trouve cette intuition assez géniale. 

J'ai eu l'occasion de rencontrer l'abbé Gendreau; et je lui ai posé des questions au sujet de sa pièce. Il m'a alors dit que l'idée maîtresse qu'il a eue en écrivant sa pièce, était la suivante: " Nous avons toujours besoin de notre frère pour connaître le Père ". Cette petite phrase, prononcée par l'auteur, jette une lumière nouvelle et éblouissante sur la pièce. À l'origine, la pièce avait pour titre: "La Table de la Réconciliation". 

Pour visionner la pièce, veuillez cliquer sur la lien suivant: 

Gloria.tv: 19 juin - Liturgie dramatisée de la Réconciliation (Part 3)
  1. fr.gloria.tv/?media=8713
    24 juin 2008 - Liturgie préparatoire au sacrement de pénitence et de réconciliation présidée par son éminence le cardinal Cláudio Hummes, préfet de la ...

dimanche 19 janvier 2014

Claire Ly

Claire Ly

Bonjour à vous !

Vous savez comme moi, que les témoignages sont très puissants. Il y a tellement de témoins qui nous parlent de la façon dont Dieu s’est révélé à eux. À commencer par les auteurs de la Bible; en particulier les quatre évangélistes. Dès qu’une personne nous raconte la façon dont Dieu s’est approché d’elle, pour conquérir son cœur, nous sommes nous-mêmes bouleversés par la tendresse et le respect de notre Père du ciel.

Il me fait plaisir de vous faire connaître Claire Ly, cette Cambodgienne qui habite désormais la France. Je viens de regarder et d’écouter deux vidéos qui nous racontent sa conversion au catholicisme. C’est très impressionnant. La première vidéo que j’ai regardée, a été réalisée par KTOtv, dans le cadre de l’émission intitulée : Un cœur qui écoute. Dans cette émission, l’animateur et interviewer, après les salutations d’usage, demande à son invité(e) de lire un texte de son choix. Madame Claire Ly a choisi de nous lire le texte du Père jésuite Didier Rimaud, intitulé : Pour provoquer Dieu. Si vous regardez les vidéos (ou une des deux vidéos) que je vous proposerai, vous comprendrez assez aisément pourquoi Mme Ly a choisi ce texte. Dans l’émission de KTOtv, Mme Ly, n’a cité que la première moitié de ce texte de Didier Rimaud.

Pour provoquer Dieu

Quand bien même les montagnes
s’écrouleraient dans les océans,
quand la terre s’ouvrirait
pour engloutir des villes entières,

Quand les torrents en furie
emporteraient sur leur passage
les maisons, les jardins, les fleurs et les berceaux,

Quand il ne resterait plus pierre sur pierre
de tout ce qui fut bâti avec amour,

Quand la terreur, la violence et les guerres
feraient mourir des millions d’innocents,

Quand tous les buildings du monde
s’écrouleraient d’un coup
comme châteaux de carte
sous les frappes d’avions-suicides en folie,

Moi, je me lèverais devant toi,
je dresserais devant ta face l’image de toi que je suis,

Moi, je te provoquerais à la miséricorde
en t’appelant encore de ton nom de Père !

                               *
Quand bien même je serais cerné
de miradors et de barbelés,
quand tu me coucherais
dans l’ombre de la mort,

Quand tes vagues et tes flots
passeraient sur moi,
quand tu m’écraserais de ta main,
sous le poids de ma faute,

Quand je ne serais plus
que puanteur et pourriture,
sur ma cendre et le fumier de mes ordures,

Quand tu éloignerais de moi amis et proches,
quand je n’aurais plus de compagne
que la ténèbre,

Moi, avec le dernier souffle que tu m’as donné,
pour que je crie,
je retournerais contre toi
les paroles de ta bouche,

Moi, je te provoquerais à la miséricorde
en t’appelant encore de ton nom de Père !

(Tiré de : Didier Rimaud,  Grâce à Dieu,  Éditions Saint-Augusin, Paris, 2001, pp. 138-139)

  1. Cette Paix venue d'ailleurs Claire LY - Net for God

    www.netforgod.tv/s/perm.php?dt=04_10&lg...
    5 nov. 2011
    Cette Paix venue d'ailleurs. Claire LY.  Cette page nécessite Flash. Pour voir ce contenu, Javascript doit .
  1. Claire Ly - YouTube

    www.youtube.com/watch?v=WwXeSduhDpQ
    Née au Cambodge où elle fut professeur de philosophie, Claire Ly traverse le cruel génocide du régime de Pol ... Ajouté par KTOTV

samedi 18 janvier 2014

Notre nouveau cardinal

Notre nouveau cardinal :
Mgr Gérald Cyprien Lacroix

À Québec, au Québec et au Canada, nous nous réjouissons tous d’avoir un nouveau cardinal, en la personne de Mgr Gérald Cyprien Lacroix.

Le pape a lui-même révélé le 12 janvier dernier, les noms des douze évêques qui allaient devenir cardinaux le mois prochain. Le nom de Mgr Gérald Cyprien Lacroix était du nombre. Au lendemain de cette importante annonce, une conférence de presse a eu lieu dans la ville de Québec. Mgr Lacroix a pu exprimer au grand jour, ses sentiments et impressions face à cette nomination. Pour entendre et visionner cette conférence de presse, veuillez cliquer sur les mots suivants:   13 janvier 2014 on Livestream   



vendredi 17 janvier 2014

La flagellation de Jésus

La flagellation de Jésus

Les souffrances que notre Seigneur Jésus Christ a endurées pour nous sauver, sont extrêmes. Je suis d’accord avec les personnes qui disent que les souffrances morales de Jésus ont été pires que ses souffrances physiques. Mais les douleurs physiques que Jésus a voulu subir par amour pour nous, font frémir. Parmi ces douleurs, il y a la flagellation. Les évangélistes ne s’étendent pas sur le sujet; c’est le moins qu’on puisse dire; ils se limitent à nous dire que Jésus fut flagellé. C’est surtout grâce au Saint Suaire de Turin, que nous pouvons avoir une idée de ce qu’a pu être ce supplice pour Jésus. 

Les Romains utilisaient le « flagrum » pour la flagellation. Le flagrum était un " manche court portant plusieurs lanières épaisses et larges (généralement 2, parfois 3), munies à quelque distance de leur extrémité de balles de plomb ou d’os de mouton. Les lanières coupaient la peau cependant que les balles ou les osselets imprimaient de profondes plaies contuses ; il en résultait une hémorragie non négligeable et un affaiblissement considérable de la résistance vitale du condamné. En compensation, si on peut dire, cela abrégeait son agonie sur la croix." (Tiré du site internet suivant: La flagellation romaine au temps de Jésus-Christ (modalités, fouets ...)

L'homme du Saint Suaire, a reçu plus de 120 coups de fouets, infligés par deux hommes robustes, de taille différente (l'un étant plus grand que l'autre) et se tenant de chaque côté du condamné. L'unique partie du corps qui ne présente aucun signe de flagellation, est la région entourant le coeur. Les bourreaux étaient des experts, capables de viser juste. Des coups portés dans la région péricardique, auraient pu causer la mort précoce du condamné. Il n'y a pas non plus de marque de coups de fouet sur les bras et avant-bras car les mains du condamnés étaient attachés au dessus de sa tête, sur la colonne. 

Mgr Giulio Ricci a étudié durant de nombreuses années, le Saint Suaire de Turin. Suite à ses découvertes, il a fait faire un crucifix pouvant montrer toutes les marques de coups que l'on voit sur le suaire. Voici ce que donne ce crucifix. On y voit très clairement les marques de la flagellation. 



Si vous avez vu le film de Mel Gibson, The Passion of the Christ, vous avez probablement détourné le regard durant la scène de la flagellation. Les derniers moment de la flagellation, sont, à mes yeux, les plus cruels et les plus horrifiants de tout le film. Plusieurs personnes ont critiqué sévèrement Mel Gibson d'avoir montré aussi graphiquement les souffrances atroces qu'a subies Jésus. Personnellement, je dois dire que voir un tel film, me fait du bien. Je réalise encore plus à quel point Jésus a souffert. Je suis certain que Jésus a vécu des souffrances aussi atroces (et probablement plus atroces encore) que celles dépeintes dans le film de Gibson. Voici , en terminant, quelques scènes de ce film:  


Une de mes scènes préférées du film, suit immédiatement le moment de la flagellation. Marie, la Mère de Jésus et Marie Madeleine, se rendent au lieu du supplice, pour essuyer et recueillir le sang de Notre Seigneur. Cette scène est un des moments les plus bouleversants et les plus touchants du film de Mel Gibson.  



" Mon sang répandu pour la multitude "  (Mt 26,28)


Marie, sur les lignes de côté de la flagellation: " Mon fils, quand, où et comment  choisiras-tu d'être délivré de cela? “ 



Après la flagellation, l'épouse de Pilate descend pour donner à Marie (la Mère de Jésus) et Marie Madeleine, ce qui semble être un suaire, mais  ... 



Marie utilise ce linge pour recueillir le sang de Jésus répandu dans la cour. 


Et Marie Madeleine se joint à Elle. 


  

                            " Voici l'homme ! "



Ô Jésus, pardon pour les péchés que nous commettons contre notre corps: 


« Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ? »   ...
Fuyez la fornication ! Tout péché que l'homme peut commettre, est extérieur à son  corps; celui qui fornique, lui, pèche contre son propre corps. 
Ne savez-vous pas que votre corps est un temple du Saint-Esprit, qui est en vous et que vous tenez de Dieu? Et que vous ne vous appartenez pas?
Vous avez été achetés à un grand prix ! Glorifiez donc Dieu dans votre corps. " 
 (1 Cor 6, 15-20)



 





samedi 11 janvier 2014

Le Baptême de Jésus

Le Baptême de Jésus

Nous sommes entrés dans la fête du Baptême de Jésus, qui clôt le temps de Noël. Aux premiers vêpres (et aussi lors de la deuxième lecture de la messe de demain), nous avons entendu ou lu comme Parole de Dieu, le texte suivant des Actes des Apôtres :

« Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu l’a consacré par l’Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui. » (Ac 10, 37-38)

En lisant ce texte, le magnifique monologue de l’abbé Denis Veilleux, intitulé « Marie au soir du Jeudi Saint », m’est venu à l’esprit. Dans ce monologue, Marie, le soir du Jeudi Saint, se remémore sa vie passée avec Jésus. Vers le milieu du texte, la Vierge dit ceci :

« Un événement survint pour nous; il venait du ciel. Notre cousin Jean, prêchait au désert la conversion du peuple, en donnant le baptême dans le Jourdain. C’est à partir de cet événement que tout s’est animé. Jésus est parti, seul. Moi, j’étais dans une telle paix, un tel bonheur. Et tout le reste a si vite défilé.     …   Oui, partout où Il passe, il change quelque chose. Son amour, sa bonté. »

Ce monologue a été mis en film par mon bon ami Jean Lortie qui est le directeur de ECDQ.tv (portail médias du l’Église Catholique de Québec). J’ai déjà mis cette vidéo sur mon blogue, en date du 20 novembre 2012; mais je suis heureux de vous la présenter à nouveau, alors que nous célébrons le Baptême du Seigneur et que nous nous apprêtons à méditer sa vie publique jusqu’à une nouvelle montée vers Pâques. 


Pour voir la vidéo, veuillez cliquer sur le lien suivant:

https://www.youtube.com/watch?v=XMs3MA-jtTA&feature=player_embedded

 


Marie au soir du Jeudi Saint
Monologue illustrant l'état d'âme de Marie le soir du Jeudi saint. Production: l'Institut Apostolique Renaissance en 1987 Comédienne: Manon Perreault Réalisation: Jean Lortie Texte: Abbé Denis Veilleux
Ajoutée le 2012-11-14



Une bonne amie à moi, nommée Quyen, une « boat people », souffre de schizophrénie. Elle est venue me rendre visite dernièrement. Devant m’absenter quelques instants, je l’ai laissée seule dans la maison. À mon retour, elle m’a dit qu’elle a profité de ce temps pour aller prier dans notre chapelle. Et elle me dit : « Guy, veux-tu savoir quelle a été la prière que j’ai faite à Dieu? » Bien sûr, je lui ai répondu : « Oui ». Et elle me dit : « J’ai dit au Seigneur à quel point je suis heureuse. Je suis tellement chanceuse d’être chrétienne et chrétienne catholique. Quelle grâce! Tellement peu de gens ont cette chance en ce monde! »

Quyen a bien raison. Plusieurs saints ont dit que leur plus grande fierté, c’est d’être chrétiens. Je suis tellement d’accord. Ma plus grande fierté, c’est d’être chrétien. Il y a quatre jours, notre bon pape François nous a donné un devoir. Le voici : 

« Un grand nombre d’entre nous n’ont pas le moindre souvenir de la célébration de ce sacrement, et cela est normal, si nous avons été baptisés peu après notre naissance. J’ai posé cette question deux ou trois fois, ici, sur la place : que celui d’entre vous qui connaît la date de son baptême lève la main. Il est important de connaître le jour où j’ai été plongé précisément dans ce courant de salut de Jésus. Et je me permets de vous donner un conseil. Mais, plus qu’un conseil, un devoir pour aujourd’hui. Aujourd’hui, à la maison, cherchez, demandez la date de votre baptême et ainsi vous connaîtrez bien le si beau jour du baptême. Connaître la date de notre baptême signifie connaître une date heureuse. Mais le risque de ne pas la savoir est de perdre conscience du souvenir de ce que le Seigneur a fait en nous, la mémoire du don que nous avons reçu. Alors nous finissons par le considérer seulement comme un événement qui a eu lieu dans le passé — même pas par notre volonté, mais par celle de nos parents —, et qui pour cette raison n’a plus aucune incidence sur le présent. Nous devons réveiller la mémoire de notre baptême. En revanche, nous sommes appelés à vivre notre baptême chaque jour, comme la réalité actuelle de notre existence. Si nous réussissons à suivre Jésus et à rester dans l’Église, malgré nos limites, et avec nos fragilités et nos péchés, c’est précisément à cause du sacrement dans lequel nous sommes devenus de nouvelles créatures et nous avons été revêtus du Christ. C’est en vertu du baptême, en effet, que, libérés du péché originel, nous sommes greffés dans la relation de Jésus avec Dieu le Père; que nous sommes porteurs d’une espérance nouvelle, car le baptême nous donne cette espérance nouvelle : l’espérance d’aller sur la route du salut, toute la vie. Et cette espérance, rien ni personne ne peut l’éteindre, car l’espérance ne déçoit pas. Rappelez-vous : l’espérance dans le Seigneur ne déçoit jamais. C’est grâce au baptême que nous sommes capables de pardonner et d’aimer aussi ceux qui nous offensent et nous font du mal ; que nous réussissons à reconnaître chez les derniers et chez les pauvres la face du Seigneur qui nous rend visite et se fait proche. Le baptême nous aide à reconnaître sur le visage des personnes dans le besoin, chez ceux qui souffrent, également de notre prochain, la face de Jésus. Tout cela est possible grâce à la force du baptême !

Un dernier élément qui est important. Et je pose la question : une personne peut-elle se baptiser elle-même ? Personne ne peut se baptiser tout seul ! Personne. Nous pouvons le demander, le désirer, mais nous avons toujours besoin de quelqu’un qui nous confère ce sacrement au nom du Seigneur. Car le baptême est un don qui est accordé dans un contexte de sollicitude et de partage fraternel. Toujours dans l’histoire, l’un baptise l’autre, l’autre, l’autre... C’est une chaîne. Une chaîne de grâce. Mais je ne peux pas me baptiser tout seul : je dois demander le baptême à un autre. C’est un acte de fraternité, un acte de filiation à l’Église. Dans sa célébration du baptême, nous pouvons reconnaître les traits les plus authentiques de l’Église, qui comme une mère continue à engendrer de nouveaux enfants en Christ, dans la fécondité du Saint-Esprit.

Demandons alors de tout cœur au Seigneur de pouvoir toujours faire davantage l’expérience, dans la vie de chaque jour, de cette grâce que nous avons reçue avec le baptême. En nous rencontrant, nos frères peuvent rencontrer de véritable fils de Dieu, de véritables frères et sœurs de Jésus Christ, de véritables membres de l’Église. Et n’oubliez pas le devoir d’aujourd’hui : chercher, demander la date de votre baptême. Comme je connais la date de ma naissance, je dois aussi connaître la date de mon baptême, car c’est un jour de fête. » (Pape François, audience générale du 8 janvier 2014)

vendredi 10 janvier 2014

Mon père Bruno

Mon père Bruno 
Vitrail dans la chapelle des Oblats de la Vierge Marie à Montréal
Le Père Lantéri peu de jours avant de  mourir a dit à la personne qui prenait soin de lui: 
"Je vois une belle dame qui me met son enfant sur la poitrine, et je suis incapable de respirer


« Tel père, tel fils ».

Ce dicton ne vaut pas que pour la génération naturelle ou biologique. Il est aussi vrai dans le domaine spirituel et religieux.

Je m’étonne d’avoir attendu deux ans et demi avant de parler sur mon blogue, de mon Père spirituel : le Père Bruno Lantéri, fondateur des Oblats de la Vierge Marie. J’imagine que cela est dû au fait que nous sommes tellement habitués à vivre avec nous-mêmes, que nous croyons que le plus beau et le plus important, se passe ou se joue en dehors de nous. Quelle erreur !!!

Plusieurs personnes me demandent pourquoi je suis entré dans la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie. D’autres gens me demandent, de façon plus générale, comment une personne fait-elle pour choisir une communauté religieuse plutôt qu’une autre? Il faut d’abord dire qu’il y a beaucoup de mystère dans tout cela. Mais la réponse la plus exacte, selon moi, est celle-ci : tout se joue au niveau du « charisme ». Le mot « charisme » veut dire « don ». Il s’agit d’un don que Dieu fait à quelqu’un, pour le bien de tous. De tout temps, Dieu choisit un homme ou une femme et met en lui ou en elle, certains dons qui lui sont particuliers : par exemple : une certaine façon de percevoir Dieu, l’Église, l’apostolat, la charité, etc. Dieu construit en cette personne, une identité spirituelle. Si cette identité spirituelle devient la source d’une Congrégation religieuse, tous les membres qui seront appelés à faire partie de cette famille religieuse, hériteront de cette même « identité spirituelle ». En d’autre mots, j’ai hérité des « gènes spirituels » de Bruno Lantéri. Voilà pourquoi je considère Bruno Lantéri comme étant mon « père spirituel ». J’ai prêché, par le passé, quelques retraites aux Sœurs Missionnaires de la Charité, fondées par Mère Teresa de Calcutta. Lorsque ces sœurs me parlaient de « Mother » (« Mère » en français), je sentais bien que ce mot n’avait pas la même signification pour ces religieuses et pour moi. Quand les Missionnaires de la Charité parlent de « Mother », il y a quelque chose de viscéral dans leur voix, quelque chose d’inimitable.

J’ai reçu l’appel à la vie religieuse alors que j’avais une vingtaine d’années. À cette époque, j’étais étudiant en philosophie, à l’Université Laval, dans la ville de Québec. Avec trois autres amis, nous avons formé une Béthanie (pour savoir en quoi consiste une Béthanie, veuillez cliquer sur le lien suivant Dieu ma joie: Les Fraternités Béthanie). Ces amis m’ont mis en contact avec un Père Jésuite, le Père Engelbert Lacasse, avec qui j’ai vécu à quelques reprises l’expérience des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola (fondateur de la Compagnie de Jésus, mieux connue sous le nom de « Jésuites »). Notre appartenance à Béthanie, impliquait une certaine règle de vie : la prière quotidienne du chapelet (prière mariale par excellence) (1), la réception fréquente des sacrements, en particulier du sacrement de la réconciliation (autrefois appelé « sacrement de pénitence »), l’étude de grands textes de la Tradition catholique ou du Magistère de l’Église. Nous nous engagions à faire un peu d’apostolat. Cet apostolat consistait parfois à distribuer le plus récent message du pape aux portes des églises paroissiales, car nous trouvions que la voix du pape n’était presque pas entendue.

Une fois que l’appel à la vie religieuse active, fut clair en moi, il me fallait découvrir où le Seigneur me voulait; dans quelle Congrégation religieuse, Il me désirait. J’étais bien « embêté » de répondre à cette question. J’ai alors appris qu’un ancien étudiant en philosophie de l’Université Laval, que j’avais connu en jouant au « basketball » pour cette faculté, était rendu à Rome, chez les Oblats de la Vierge Marie. Cela m’a intrigué; et je lui ai demandé de m’envoyer de la documentation sur le fondateur des Oblats de la Vierge Marie, le Père Bruno Lantéri. Dès que j’ai lu cette documentation, je n’en suis pas revenu : tout semblait écrit spécifiquement pour moi : ce que le fondateur des Oblats de la Vierge Marie avait vécu, était exactement ce que je vivais. Bruno Lantéri avait été formé par un Père Jésuite, le Père Nicolas Diessbach; il a voulu fondé une Congrégation religieuse qui ait pour but de donner les Exercices spirituels de Saint-Ignace. Il a désiré que la Congrégation soit offerte à Dieu par la Vierge Marie ». Les mots « Oblats de la Vierge Marie » veulent précisément dire cela : « offerts à Dieu par Marie ». Le Père Lantéri a même dit qu’il n’était pas le fondateur de notre Congrégation; que la véritable fondatrice était précisément la Vierge Marie. Affirmation très forte, n’est-ce pas? Le Père Lantéri a été un « confesseur admirable », un grand apôtre de la Miséricorde du Seigneur, prodiguée spécialement par l’intermédiaire du sacrement de la réconciliation. Notre fondateur disait que l’Oblat de la Vierge Marie devrait mourir en prêchant ou en confessant (en donnant le sacrement de la réconciliation). Notre fondateur avait un amour indéfectible pour le Magistère de l’Église, et en particulier pour la personne du pape. Il a d’ailleurs risqué sa vie pour permettre à Pie VII de se défendre contre les prétentions de Napoléon. C’est notre fondateur qui a fait parvenir au pape, par une chaîne humaine secrète, les documents dont il avait besoin en prison, pour se défendre. Soupçonné de comploter contre l’État, Bruno Lantéri fut exilé et mis au ban de la société, durant trois ans. Les premiers Oblats nous racontent que pour faire fâcher notre fondateur, ils n’avaient qu’à faire semblant de critiquer le pape. Notre fondateur devenait alors rouge de colère. Vous comprendrez comme moi, qu’en lisant tout cela, il me semblait que je lisais ma propre vie. Toute ma jeune spiritualité avait été vécue par un homme des 18ème et 19ème siècles (1759-1830), qui a fondé une Congrégation pour perpétuer cette spiritualité. Je me suis alors expatrié pendant neuf ans. J’ai été vivre en Italie, en espérant qu’un jour, les Oblats de la Vierge Marie, ouvrent une maison au Canada. Ce qui fut fait en 1985. Je suis, pour ma part, revenu dans mon pays, en 1986.

Les similitudes entre notre fondateur et moi, ne s’arrêtent pas là. Le Père Lantéri a vécu à une époque où l’imprimerie connaissait un essor considérable. Il s’est immédiatement rendu compte que l’imprimerie influencerait grandement la vie des gens. Immédiatement, il s’est mis à propager les « bons livres » et à écrire lui-même des œuvres (surtout des pamphlets) pour défendre en particulier les droits de l'Église et du pape. Notre fondateur était attentif aux signes des temps, et adaptait son apostolat au nouveautés du temps. Mathieu Binette, mon bon ami et paroissien, qui m’a convaincu de partir un blogue sur internet, me disait dernièrement que je suis un digne fils du Père Lantéri, car selon Mathieu, si le Père Lantéri vivait aujourd’hui, il est certain qu’il utiliserait l’internet et les réseaux sociaux, pour propager la Bonne Nouvelle.

De plus, dès que la foi catholique était attaquée de quelque manière que ce soit, cela ne prenait guère de temps à notre fondateur, pour réagir. Aussitôt il se mettait à l’œuvre et écrivait un texte pour défendre notre si belle religion. Si vous lisez régulièrement mon blogue, vous savez que je suis, moi aussi, vite sur la gâchette, quand il s’agit de défendre les droits de Dieu et de son Église. Je viens de lire une phrase qui m’a beaucoup plu, dans la biographie la plus récente qui ait été écrite sur notre fondateur. Il y est dit que le Père Lantéri, a écrit ceci vers la fin de sa vie (le 8 mai 1822): « Je ne suis qu’un chien de garde dans le troupeau du Seigneur, qui aboie jusqu’à son dernier souffle » (Timothy M. Gallogher, omv, Begin Again, The Life ans Spiritual Legacy of Bruno Lanteri, The Crossroad Publishing Company, 2013, p. 65; la traduction française de ce texte, a été faite par moi; la lettre se trouve dans le troisième volume du Carteggio, à la page 334). Pour paraphraser cette magnifique phrase de notre fondateur, je dirais ceci : « Guy Simard n’est qu’un chien de garde dans le troupeau du Seigneur, qui aboie et saute quand son Maître est attaqué ».

Oui, vraiment, « tel père, tel fils ».

(1)  Les personnes parmi vous qui lisent mon blogue de façon assidue, savent que la prière du chapelet a changé complètement ma vie, quand j’avais une vingtaine d'années.