vendredi 5 décembre 2014

" Délivre-nous du malin " (prière de Jésus)

« Délivre-nous du malin » (prière de Jésus)



Jésus nous a appris à prier, à la demande d’un de ses apôtres. La plus belle prière qui soit sortie de son cœur, est le Notre Père. Les derniers mots du Notre Père sont les suivants : « Délivre-nous du mal ». Il est malheureux que nous n’ayons jamais osé traduire le dernier mot du Notre Père, par « délivre-nous du malin, ou du diable ». Car c’est de lui dont il est question dans cette dernière demande du Notre Père. Le dernier mot du Notre Père, dans le texte original des évangiles, qui est écrit en grec, est le mot « ponèros », que l’évangéliste Matthieu emploie normalement pour désigner le diable. D’ailleurs, quand Jésus pria à la dernière Cène (prière que l’on appelle communément « la prière sacerdotale »), Il a spécifiquement demandé à son Père de nous garder du Mauvais. C’est ce que note le Catéchisme de l’Église catholique dans l’article qui explique la véritable signification de l’ultime demande du Notre Père :

VII. Mais délivre-nous du Mal

2850 La dernière demande à notre Père est aussi portée dans la prière de Jésus : " Je ne te prie pas de les retirer du monde mais de les garder du Mauvais " (Jn 17, 15). Elle nous concerne, chacun personnellement, mais c’est toujours " nous " qui prions, en communion avec toute l’Église et pour la délivrance de toute la famille humaine. La Prière du Seigneur ne cesse pas de nous ouvrir aux dimensions de l’Economie du salut. Notre interdépendance dans le drame du péché et de la mort est retournée en solidarité dans le Corps du Christ, en " communion des saints " (cf. RP 16).

2851 Dans cette demande, le Mal n’est pas une abstraction, mais il désigne une personne, Satan, le Mauvais, l’ange qui s’oppose à Dieu. Le " diable " (dia-bolos) est celui qui " se jette en travers " du Dessein de Dieu et de son " œuvre de salut " accomplie dans le Christ.
2852 " Homicide dès l’origine, menteur et père du mensonge " (Jn 8, 44), " le Satan, le séducteur du monde entier " (Ap 12, 9), c’est par lui que le péché et la mort sont entrés dans le monde et c’est par sa défaite définitive que la création toute entière sera " libérée du péché et de la mort " (MR, prière eucharistique IV). " Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche pas, mais l’Engendré de Dieu le garde et le Mauvais n’a pas prise sur lui. Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier gît au pouvoir du Mauvais " (1 Jn 5, 18-19) :

Le Seigneur qui a enlevé votre péché et pardonné vos fautes est à même de vous protéger et de vous garder contre les ruses du Diable qui vous combat, afin que l’ennemi, qui a l’habitude d’engendrer la faute, ne vous surprenne pas. Qui se confie en Dieu ne redoute pas le Démon. " Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? " (Rm 8, 31) (S. Ambroise, sacr. 5, 30 : PL 16, 454AB).

2853 La victoire sur le " prince de ce monde " (Jn 14, 30) est acquise, une fois pour toutes, à l’Heure où Jésus se livre librement à la mort pour nous donner sa Vie. C’est le jugement de ce monde et le prince de ce monde est jeté bas (cf. Jn 12, 31 ; Ap 12, 10). " Il se lance à la poursuite de la Femme " (cf. Ap 12, 13-16), mais il n’a pas de prise sur elle : la nouvelle Eve, " pleine de grâce " de l’Esprit Saint, est préservée du péché et de la corruption de la mort (Conception immaculée et Assomption de la très sainte Mère de Dieu, Marie, toujours vierge). " Alors, furieux de dépit contre la Femme, il s’en va guerroyer contre le reste de ses enfants " (Ap 12, 17). C’est pourquoi l’Esprit et l’Église prient : " Viens, Seigneur Jésus " (Ap 22, 17. 20) puisque sa Venue nous délivrera du Mauvais.

2854 En demandant d’être délivrés du Mauvais, nous prions également pour être libérés de tous les maux, présents, passés et futurs, dont il est l’auteur ou l’instigateur. Dans cette ultime demande, l’Église porte toute la détresse du monde devant le Père. (Catéchisme de l'Église catholique, quatrième partie, deuxième section, numéros 2850 à 2854)

Je sais bien que parler du démon ou du diable, n’est pas très à la mode de nos jours. Plusieurs personnes préfèrent dire et penser que si elles pèchent, ce n’est pas tellement dû au démon, mais à elles-mêmes, à leur propre nature pécheresse. Certaines gens croient qu’on en met trop sur le dos du démon. Je ne suis pas du nombre de ces personnes. Je crois plutôt qu’on n’en met pas assez sur le dos du démon, celui que Jésus appelle le « père du mensonge ». Depuis l’origine, le démon est menteur. De fait, il ne sait que mentir. Dès les premières pages de la Bible, cela est mis tellement bien en évidence. Parmi tous les textes de la Bible, le récit du premier péché, est un de mes textes préférés. La personne qui a écrit ce texte était très intelligente et perspicace. Elle en savait beaucoup plus sur l’être humain que la grande majorité des hommes et des femmes qui vivent en 2014. Pour attirer les premiers êtres humains dans le péché contre Dieu, le diable a utilisé son arme préférée: le mensonge. Il a commencé par interpréter à l’envers les paroles de Dieu. Dieu avait permis à l’être humain de manger du fruit de tous les arbres du jardin sauf un. Le démon commence par dire à la femme : « Alors Dieu vous a défendu de manger de tous les arbres du jardin ». La femme a corrigé l’erreur en disant qu’ils pouvaient manger de tous les arbres du jardin, sauf un. S’ils s’aventuraient à manger de cet arbre, ils mourraient. À cela, le démon répondit : « Pas du tout ! ». Voilà le second mensonge, et le plus insidieux. Le démon nous chuchotera toujours à l’oreille que ce que Dieu nous demande n’est « pas du tout » pour notre véritable bien. Et nous nous laisserons prendre.

Parce que le fruit défendu est beau à voir, attrayant, alléchant, tentant, nous tombons dans le piège. Et quand nous aurons mordu dans le fruit, nous serons malheureux, et nous verrons que nous ne sommes pas faits pour cela. C’est précisément ce sentiment d’avoir trahi Dieu et notre véritable nature, cette tristesse énorme qui suit le péché, que Dieu veut nous éviter. Mais Dieu sait que cette paix continue et inaltérable de l’âme, ne s’acquiert qu’après beaucoup de renoncements et d’efforts; mais surtout avec l’aide de Dieu, obtenue par la prière et les sacrements.

Le roi David, se promenant un jour sur la terrasse de son palais, vit une femme qui se baignait. La femme était très belle à voir, nous dit le texte de la Bible. Trop belle, hélas! Et cette beauté du fruit défendu, à l’instigation du démon, fit tomber David dans l’adultère, et par la suite, dans le meurtre prémédité. Je suis sûr qu’au moment de la tentation, David a entendu en lui, la voix de Dieu qui lui disait : « Attention, tu n’es pas si fort que ça; tu risques de tomber dans un piège ». Car la voix de Dieu précède toujours la voix du diable; c'est très beau et bon qu'il en soit ainsi, n'est-ce pas? Mais une autre voix se fit entendre à l’oreille de David. Et cette voix lui répétait le sempiternel refrain: « Pas du tout ». C’est cette deuxième voix que, malheureusement, David a écoutée. Mais lorsque nous lisons et prions le psaume 50, communément appelé le « Miserere », nous devinons la tristesse que David a éprouvée après avoir offensé son Dieu. Quelle tristesse salutaire, toutefois! Cette tristesse vient de Dieu, comme un grand cadeau.

Saint Ignace de Loyala, nous invite, lorsque nous avons péché, à jeter un regard en arrière, pour débusquer les ruses du démon; pour retracer, en quelque sorte, les premières phrases que le tentateur nous a chuchotées à l’oreille, pour nous faire tomber. Ces premières phrases paraissent habituellement très inoffensives. Si inoffensives, qu’on n’y prête presque pas attention. Et là, est le piège, le grand piège. Si nous nous habituons à repérer les premières suggestions du malin, nous serons mieux en mesure de ne pas tomber dans le piège qui nous est tendu, et ainsi, être délivrés du mal.

Que la Vierge Marie, la femme sans péché, que nous allons célébrer dans trois jours, sous le vocable de l’Immaculée Conception, nous vienne en aide et nous délivre. J’écoutais ces jours-ci un enseignement de Fabrice Hadjadj. Il mentionnait que sur les représentations de la Vierge Marie écrasant le démon (représenté par un serpent), très souvent la Vierge ne regarde le démon. La Vierge regarde vers le haut, ou vers nous, ses enfants.  En compagnie de Marie, disons à Dieu: « Vers toi Seigneur, notre regard ».




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