dimanche 1 juillet 2012

Jésus Christ

Jésus Christ
Bonjour à vous ! Si vous fréquentez régulièrement ce blogue, vous avez sûrement remarqué que je vous propose la plupart du temps des textes écrits par moi. Mais il m’arrive de mettre sur ce blogue des textes écrits par d’autres personnes lorsque je considère qu’ils sont très actuels et d’une grande importance. C’est le cas du texte que je vous propose aujourd’hui. Je viens tout juste de relire ce texte car il se trouve dans le livre de prières appelé « le bréviaire (ou la « prière du temps présent ») » que les prêtres et diacres (entre autres personnes) utilisent chaque jour pour s’unir à Dieu. Aujourd’hui, nous sommes le treizième dimanche du temps ordinaire. Or à chaque année, lors de ce dimanche, notre mère l’Église nous propose comme deuxième lecture de l’office du bréviaire que nous appelons « l’office des lectures », un texte du pape Paul VI intitulé : Jésus Christ. Ce texte est un extrait de l’homélie que le pape Paul VI a prononcée à Manille, aux Philippines (et donc à l’autre bout du monde ), le 29 novembre 1970.

Paul VI a été pape de 1963 à 1978. Avant d’être élu pape, son nom était Giovanni Battista Montini. Ce successeur de Jean XXIII a choisi comme nom Paul VI. Il a donc voulu se mettre tout spécialement sous la protection de l’apôtre Paul, le missionnaire par excellence. Dès le début du texte que vous lirez dans un instant, on remarque l’influence de saint Paul. Dès le début de l’homélie, le pape affirme avec force son autorité apostolique. Il cite une phrase de Paul (il citera d'ailleurs plusieurs phrases de cet apôtre dans son homélie) dans sa première lettre aux Corinthiens et tout de suite après cette phrase, le pape adopte une façon de faire que l’on retrouve dans plusieurs lettres de l’apôtre Paul : il nous dit que c’est Jésus lui-même qui l’a envoyé comme messager et apôtre. Ceci est vraiment extraordinaire. Le pape Paul VI est parfaitement conscient que c’est Jésus, notre Maître et Seigneur, qui l’a choisi et envoyé comme Apôtre. C’est cette relation à Jésus qui est le thème de l’homélie dont vous lirez quelques extraits. Paul VI est le premier pape qui a parcouru le monde pour annoncer l’évangile. Il a été suivi admirablement en cela par le bien-aimé pape Jean-Paul II.

J’ai un attachement spécial au pape Paul VI car c’est lui qui m’a mis sur la piste de mon désir le plus profond (voir à ce sujet le premier long texte mis sur ce blogue, le 18 juin 2011). Le jour où j’ai lu l’Exhortation Apostolique de Paul VI intitulée « La joie chrétienne », j’ai été profondément touché et même bouleversé. Ce fut le début de mon intérêt et de mon attirance pour la joie; d’où le titre de ce blogue : Dieu ma joie. Voir aussi à ce sujet le texte mis sur ce blogue le 5 septembre 2011 et intitulé : La joie chrétienne
       
Voici donc quelques extraits de l’homélie prononcée par Paul VI à Manille (1):  

HOMÉLIE DE PAUL VI À MANILLE (29 NOVEMBRE 1970)

Jésus Christ

Moi, Paul, successeur de saint Pierre, chargé de la mission pastorale pour l’Église entière, je ne serais jamais venu de Rome jusqu’à ce pays extrêmement lointain, si je n’étais fermement persuadé de deux choses fondamentales : la première : du Christ; la deuxième, de votre salut. Du Christ ! Oui, je sens la nécessité de l’annoncer, je ne puis pas le taire : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1 Cor 9, 16) Je suis envoyé par Lui, par le Christ lui-même, pour cela. Je suis apôtre, je suis témoin.  Plus le but est éloigné, plus la mission est difficile, plus est urgent l’amour qui nous pousse (2 Cor 5, 14). Je dois proclamer son nom : Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. C'est Lui qui nous a révélé le Dieu invisible; c'est Lui qui est le Premier Né de toute créature; Il est le fondement de toute chose. Il est le maître de l'humanité et son rédempteur; il est né, il est mort, Il est ressuscité pour nous; Il est le centre de l’histoire et du monde; Il est Celui qui nous connaît et qui nous aime ; il est le compagnon et l'ami de notre vie, l'homme de la douleur et de l'espérance; c'est Lui qui doit venir, qui sera finalement notre juge et aussi, nous l’espérons, la plénitude éternelle de notre existence, notre félicité.   

Je n'en finirais jamais de parler de lui ; il est la lumière, il est la vérité ; bien plus, il est le chemin, la vérité et la vie. Il est le pain, la source d'eau vive qui comble notre faim et notre soif. Il est notre berger, notre chef, notre modèle, notre réconfort, notre frère. Comme nous et plus que nous, il a été petit, pauvre, humilié, travailleur, opprimé, souffrant. C'est pour nous qu'il a parlé, accompli ses miracles, fondé un royaume nouveau où les pauvres sont bienheureux, où la paix est le principe de la vie commune, où ceux qui ont le coeur pur et ceux qui pleurent sont relevés et consolés, où les affamés de justice sont rassasiés, où les pécheurs peuvent obtenir le pardon, où tous découvrent qu'ils sont frères.

Jésus Christ : vous avez entendu parler de lui; bien plus, pour la majorité d’entre vous, vous lui appartenez déjà, vous êtes chrétiens. Eh bien à vous chrétiens, je répète son nom, et je l'annonce à tous : le Christ Jésus est le principe et la fin, l'alpha et l'oméga, le roi du monde nouveau; Il est le secret de l’histoire; Il est la clef de nos destins; Il est le médiateur et pour ainsi dire le pont entre la terre et le ciel. Il est, de la façon la plus haute et la plus parfaite, le Fils de l'homme, parce qu'il est le Fils de Dieu, éternel, infini ; et il est le fils de Marie, bénie entre toutes les femmes, sa mère selon la chair et notre mère par notre participation à l'Esprit du Corps mystique. Jésus Christ ! Retenez-le bien: c’est notre annonce perpétuelle, c’est la voix que nous faisons retentir par toute la terre (Rom 10, 18), et pour l’éternité des siècles (Rom 9, 5).

Souvenez-vous de ceci et méditez ceci : le pape est venu ici parmi nous, et il a crié : Jésus Christ !  Et ici j’exprime la deuxième idée dynamique qui m’a conduit à vous : nous devons célébrer Jésus Christ non seulement pour ce qu’Il est en lui-même, mais nous devons le louer et l’aimer pour ce qu’Il est pour nous, pour chacun de nous, pour chaque peuple et pour chaque civilisation. Christ est notre Sauveur. Christ est notre bienfaiteur suprême. Christ est notre libérateur. Christ nous est nécessaire pour être des personnes humaines dignes et vraies dans l’ordre temporel, et des personnes sauvées et élevées à l’ordre surnaturel.


(Prière du temps présent, lecture 13° semaine temps ordinaire)
(1) Ce texte est tellement sublime à mes yeux, que j’ai été voir l’original en italien et je me suis permis de faire quelques corrections dans le texte tel que rapporté dans le bréviaire en français.

10 commentaires:

  1. bonsoir père Simard, je me fais toujours une joie de vous lire. Je sais que le dimanche soir je trouverai, avec bonheur, un autre de vos écrits. Je peux vous dire que personnellement, avec le peu de connaissances que j'en ai, je trouvais le Pape Paul VI un peu austère, rigide et distant des réalités de nos vies. Je ne peux dire que je connais bien sa biographie et tout son pontificat. Je parle sûrement à travers mon chapeau (rires). Cependant, après avoir lu ce texte, je trouve que c'est empreint de plein d'humanité, d'espérance et de joie de vivre dans le Christ. J'ai beaucoup plus connu notre bon Jean-Paul II. À mon souvenir, je peux dire que de mon vivant, il y a eu le Pape Pie XII, le bon Jean Vingt-trois, Jean-Paul premier, Paul VI, Jean-Paul II et maintenant Benoît XVI. J'espère que je n'en oublie pas un et qu'ils sont dans le bon ordre! Cela dit mon âge! Au prochain de vos écrits. Merci!

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    1. Chère Aurore,

      Vous m'avez fait sourire lorsque j'ai lu que le dimanche soir, vous vous attendez à avoir un autre de mes écrits. Il est vrai que le dimanche ou le lundi (qui est ma journée de congé hebdomadaire), je me sens souvent inspiré d'écrire quelque chose sur mon blogue. Aujourd'hui, ce n'est qu'en début de soirée que l'inspiration m'est venue, alors que je priais le bréviaire. Je suis heureux d'avoir permis que vous " revisitiez " votre perception du pape Paul VI. Nous vivons tous avec des perceptions et même souvent des préjugés erronés. Ces préjugés, malheureusement, sont souvent véhiculés par les médias. Et nous " tombons dans le panneau ".

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  2. Je me ferai un devoir de lire vos écrits du 18-06-11 et du 05-09-11.

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  3. Il y a une chanson de la Famille Myriam qui me touche beaucoup et qui s’intitule : Ton regard, Jésus. Le refrain dit ceci : "Ton regard, Jésus a croisé le mien, j’y ai vu ta miséricorde. Ton regard, Jésus a séduit le mien et il a transformé ma vie ". Dans les couplets, on parle de l’amour de Jésus pour la Samaritaine à qui il a demandé à boire, pour la femme qu’on voulait lapider et qu’il n’a pas condamnée, pour l’aveugle-né à qui il a redonné la vue, pour Pierre qui l’avait renié et le regard de Jésus qui lui pardonne et lui redit son choix et de Jésus qui se donne aujourd’hui à nous dans l’hostie. Le dernier couplet dit ceci : "Quand dans l’hostie, je viens te rencontrer avec l’espoir de mieux te ressembler, ton regard Jésus, rassasie le mien et il m’apprend à aimer ".
    Lorsque je me place sous le regard de Jésus, je sens que Jésus ne prend aucunement en considération ma pauvre petite âme avec ses limites, ses manquements, ses défauts. II m’aime d’un amour inconditionnel et d’un tel amour que je m’oublie totalement pour me fondre en Lui. C’est l’Amour qui me propulse et qui me donne le goût d’aimer à mon tour. Plus on aime Dieu et plus on se sent aimé de Dieu d’une manière inconditionnelle, plus on AIME nous aussi tous ceux qui nous entourent d’une manière inconditionnelle. C’est comme si Dieu me donnait tellement d’Amour que ça déborde de tout bord et que je ne peux pas faire autrement que de le partager.

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    1. Lise: comme j'aimerais te ressembler! De mon côté, je me sens comme un pécheur indigne de cet amour. J'ai beaucoup de chemin à faire avant de me sentir aimé par le Seigneur. Je me donne le temps, mais mon âme se réjouit pour toi autant qu'elle peut être triste de ne pouvoir goûter ce bonheur.

      À +!

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    2. À Lise, j'ai lu votre commentaire. Il y a plusieurs années j'ai connu la famille Myriam par le biais de la paroisse Notre-Dame-du-Perpétuel Secours dans le quartier Ville-Émard, où d'ailleurs oeuvraient les pères oblats de la Vierge Marie, que j'ai toujours affectionnés. Je crois que c'était lors d'une retraite paroissiale, que les personnes de cette famille sont venus partagés leur foi.
      J'en ai été renversée de voir comment ils avaient une joie de vivre si intense. J'ai adoré leurs philosophies de vie, ainsi que tous leurs chants inspirés. J'aimerais savoir si vous pouvez m'indiquer où trouver le chant dont vous parlez. J'ai plusieurs cassettes des chants de Myriam, mais je ne trouve pas ce chant.
      Ça me fait plaisir de pouvoir entrer en communications avec un des membres du blog de notre bon père Guy. Merci à l'avance de me répondre.

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    3. Chère Aurore, je suis très heureuse de pouvoir te parler. Le chant Ton regard Jésus, est sur le CD qui a pour titre: L'Espérance, c'est pour toi! C'est écrit au bas du CD: Petits chants de la Famille Myriam avec les jeunes du Défi-Jeunesse Myriam. Je te remercie d'avoir pris du temps pour me répondre. C'est le Père Guy qui m'a avisé que j'avais eu deux réponses. Au plaisir de se reparler.

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  4. Oh je vous remercie infiniment, à moi aussi cela me fait plaisir de pouvoir vous parler. J'avais déjà écrit au père Guy en lui mentionnant que c'était un peu dommage que les membres de son blog ne donnent pas plus de commentaires sur ses textes et écrits et que l'on puisse partager nos réponses. Alors là c'est un début.
    Peut-être que notre père Guy (salut à vous, père Guy, petit clin d'oeil) devrait écrire un texte là-dessus en s'inspirant de toutes ses connaissances. Qu'en pensez-vous Lise? Merci à nouveau et au plaisir de vous connaître davantage. Aurore-Colette Gladu

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  5. Cher Mathieu, tu es beaucoup plus proche du cœur de Jésus que tu ne le crois. Je sais que tu as une grande soif de Dieu. Si tu sens constamment ce besoin de chercher Dieu, ce désir de découvrir les tendresses du Cœur de Jésus, sache que c’est une grâce accordée par le Père à l’âme à qui il veut révéler son Fils bien-aimé. Nul ne peut venir à moi, dit Jésus, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire. (Jn 6, 44).
    La vraie dévotion au Cœur de Jésus est donc réservée à ceux qui sont des âmes de désir. Notre Dieu n’est pas un Dieu lointain, mais c’est un Dieu caché. Or, pour se faire mieux trouver, souvent il se dérobe. Il faut l’appeler : Où êtes-vous caché, mon Bien-Aimé?
    J’ai cherché celui que mon cœur aime, nous déclare l’épouse du Cantique. D’ailleurs, commente saint Bernard, elle y est incitée par la bonté de celui qui l’a prévenue, la cherchant et l’aimant le premier. Elle ne le chercherait pas si elle n’était pas cherchée, comme elle ne l’aimerait pas sans en avoir été aimée d’abord. Ainsi l’amour est-il la cause de la recherche. Ainsi la recherche et la certitude sont-elles les fruits de l’amour : Se sentant cherchée, elle ne peut pas ne pas chercher. (Sermon 84 sur le Cantique).
    Si tu as la chance, écoute la chanson: Chercheurs de Dieu, chanté par Raymonde Pelletier et Yolande Pépin sur le CD : Faut être là...

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